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José Ester Borras et le "Réseau d'évasion Ponzan Vidal "
1913 - 1980


José Ester Borrás est né le 26 octobre 1913 à Berga (province de Barcelone).
Militant de la Federación Ibérica de Juventudes Libertarias, c'est en 1932 qu'il adhère au syndicat du textile de la Confederación Nacional del Trabajo (CNT) à Berga. En juillet 1936 il fait partie du Comité révolutionnaire de Berga avant de s'enrôler dans la colonne Tierra y Libertad. Il combat tour à tour sur le front d'Aragon, à Madrid et en Catalogne. En mai 1938 il est arrêté avec Leal et Domingo par les communistes qui les accusent d'avoir tué un commissaire de la brigade. Il reste emprisonné jusqu'à la chute du front.

Passé en France, il milite immédiatement à la CNT en exil dans la région de Toulouse. Pendant l'occupation nazie il participe à la résistance et intègre dès sa constitution en juillet 1940 le groupe d'évasion de Francisco Ponzán Vidal. Ce groupe composé uniquement d'anarchistes espagnols est rattaché au réseau international Pat O'Leary, appelé plus tard réseau Pat-Françoise, après l'arrestation de "Pat", le médecin colonel belge Albert Guérisse.
Arrêté une première fois à Toulouse le 30 avril 1941, José Ester est interné au camp du Vernet d'où, à la demande de Francisco Ponzán et grâce à Robert Terres et à quelques complicités administratives, il est libéré avec de faux documents. Il participe avec le groupe à l'évacuation vers l'Espagne de nombreux aviateurs alliés et de membres de la résistance internationale.
Ses activités dans la résistance lui valent d'être arrêté par la Gestapo le 28 octobre 1943 avec sa première épouse Alfonsina, son beau-père Miguel Bueno Gil et son beau-frère José Bueno Vela. Déporté au camp de concentration de Mauthausen où il a le matricule 64.553, il y fait partie du Comité international clandestin qui prépare l'insurrection et la libération du camp en 1945. Son épouse survivra à la déportation à Ravensbrück ainsi que son beau-frère déporté lui aussi à Mauthausen. Quant à son beau-père, Miguel Bueno, il est gazé comme "irréductible", le 18 août 1944, dans le "camion fantôme" (une chambre à gaz roulante) de Mauthausen.

A son retour de déportation José Ester est un des fondateurs à Toulouse de la Federación Española de Deportados e Internados Políticos (FEDIP) dont il sera le secrétaire général de 1947 jusqu'à sa mort et qui regroupait toutes les tendances politiques de l'exil à l'exception des communistes staliniens.
Lors de la scission du Mouvement libertaire espagnol (MLE) en exil, il est, en 1945, signataire pour la province de Barcelone d'une déclaration reconnaissant le Comité national élu lors du congrès tenu à Paris en mai. Il est à la même époque secrétaire du groupe CNT du Haut Llobregat et Cardoner en exil, mais se consacre avant tout à l'action en faveur des anciens déportés. C'est par son action obstinée que les anciens déportés ou leurs veuves obtiendront une pension du gouvernement allemand.
En 1947, José Ester est le principal instigateur de la campagne en faveur de la libération des marins et aviateurs antifascistes espagnols internés en URSS au camp de Karaganda. Il participe également aux travaux de la Commission internationale d'enquête sur l'univers concentrationnaire animée par David Rousset.
Travaillant à la section espagnole de l'Office de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) José Ester y participe à la résolution de nombreux cas concernant des réfugiés et d'anciens guérilleros évadés clandestinement de l'Espagne franquiste. Il intervient à de nombreuses reprises pour sauver des militants en Espagne ou menacés d'extradition de France suite à leurs actions contre le régime franquiste : c'est le cas en particulier du guérillero anarchiste Marcelino Massana Bancells dont il empêchera l'extradition de France en lui faisant reconnaître par l'OFPRA la qualité de réfugié politique. De même, par l'intermédiaire d'Albert Guérisse, "Pat", qui contactera la reine Fabiola, il obtiendra la libération de son ami Vicente Moriones Belzunegui, ancien membre du groupe de Francisco Ponzán qui, à son retour de déportation, était clandestinement parti en Espagne où il était devenu le représentant de la CNT au Pays Basque, puis avait été arrêté et condamné à une lourde peine de prison qu'il purgeait à la carcel Modelo de Madrid.
Sous-lieutenant des Forces Françaises Combattantes, Officier de la Légion d'Honneur et titulaire de plusieurs décorations (française, anglaise, américaine), dont la King's Medal of Freedom pour son action dans la résistance, José Ester recevra en 1972 un vibrant hommage à Toulouse de la part de ses camarades de la FEDIP.

Il participe à tous les congrès de la FEDIP et collabore régulièrement aux différentes époques de son organe Hispania.
En 1974, il quitte Paris et s'installe avec sa compagne Odette dans le Gard. Il meurt à l'hôpital d'Alès le 13 avril 1980 et est incinéré à Marseille.
Les papiers personnels de José Ester ont été déposés en 2000 à l'IISG où, en 1998, une partie des archives concernant la campagne de la FEDIP en faveur des emprisonnés de Karaganda avait déjà été versée.

Institut d'Histoire Sociale d'Amsterdam

Sources:
- Notice nº 549 de Cuadernos para una enciclopedia histórica del anarquismo español, avril 1985
- Confrontación : boletín interno de información y discusión, nº 17-18, mars-juin 1980
- Hispania, nº 67, 1980
- Antonio Tellez Solá, La red de evasión del grupo Ponzán (Barcelona, 1996), pp. 262, 264, 304, 333, 336, 338, 392
Nous remercions Mme Odette Kervorc'h Ester et Rolf Dupuy de leur collaboration.

José Ester Borras.
Son réseau permit l'évasion de 1500 personnes dont plus de 700 aviateurs alliés.


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18 et 19 juillet 1936, riposte ouvrière face au coup d'Etat fasciste à Barcelone (racontée par Abel Paz) ;
L'apport du mouvement libertaire dans la résistance ; "Contre vents et marées" l'exil espagnol ;
1943, tract libertaire : A tous les travailleurs de la pensée et des bras ;
24 aout 1944, les anarchistes et anti-fascistes espagnols libèrent Paris ;
1944 : les dossiers noirs d'une certaine résistance ;
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Onze camarades condamnés à mort, sauvez les ! discours d'André Breton ;

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Ramon Acin, artiste anarchiste espagnol fusillé par les franquiste en juillet 1936 ;
1960 vers l'unité de la CNT espagnole en exil ;
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A lire :
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(Marie-Claude Rafaneau-Boj) ;
Sabaté, Guérilla urbaine en Espagne ;

Par-delà l'exil et la Mort les républicains espagnols en France
(Louis Stein) ;
La red de evasión del grupo Ponzán (A Tellez Solà) ce livre est enfin traduit en frnaçais : Le réseau d'évasion du groupe Ponzan (édition Le Coquelicot)

A voir :
Un autre Futur, Espagne en Rouge et Noir
(4 parties)

 

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