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Nous vous proposons une
série de déclaration de membres de la section parisienne
de l'Internationale.
Déclarations
de la section Parisienne de l'AIT
En présence de la guerre fratricide
qui vient d'être déclarée pour satisfaire l'ambition de notre ennemi commun,
de cette guerre horrible dans laquelle sont sacrifiés des milliers de
nos frères , en présence de la misère , des larmes, de la famine menaçante...
nous protestons au nom de la fraternité des peuples contre la guerre et
ses auteurs et nous invitons tous les amis du travail et de la Paix à
assurer ainsi la liberté du monde.
Vive les peuples, à bas les tyrans !
1870, Association Internationale des Travailleurs
Conseil
fédéral des sections Parisiennes
Travailleurs,
Une longue suite de revers, une catastrophe qui semble devoir entraîner
la ruine complète de notre pays , tel est le bilan de la situation créée
à la France par les gouvernements qui l'ont dominée. Avons-nous perdu
les qualités nécessaires pour nous relever de cet abaissement ?
Sommes-nous dégénérés au point de subir avec résignation le despotisme
hypocrite de ceux qui nous ont livrés à l'étranger et de ne retrouver
d'énergie que pour rendre notre ruine irrémédiable par la guerre civile
?
Les derniers événements ont démontré la force du Peuple de Paris, nous
sommes convaincus qu'une entente fraternelle démontrera bientôt sa sagesse.
Le principe d'autorité est désormais impuissant pour rétablir l'ordre
dans la rue, pour faire renaître le travail en atelier et cette impuissance
est sa négation.
L'insolidarité des intérêts a créé la ruine générale, engendré la guerre
sociale ; c'est à la liberté, à l'égalité, à la solidarité qu'il faut
demander d'assurer l'ordre sur de nouvelles bases, de réorganiser le travail
qui est condition première.
Travailleurs, la révolution communale affirme ces principes , elle écarte
toute cause de conflit dans l'avenir. Hésiterez-vous à lui donner votre
sanction définitive ?
L'indépendance de la Commune est le gage d'un contrat dont les clauses
librement débattues feront cesser l'antagonisme des classes et assureront
l'égalité sociale. Nous avons revendiqué l'émancipation des travailleurs
et la délégation communale en est la garantie car elle doit fournir à
chaque citoyen les moyens de défendre ses droits, de contrôler d'une manière
efficace les actes de ses mandataires chargés de la gestion de ses intérêts
et de déterminer l'application progressive des réformes sociales. L'autonomie
de chaque commune enlève tout caractère oppressif à ses revendications
et affirme la République dans sa plus haute expression.
Nous avons combattu, nous avons appris à souffrir pour notre principe
égalitaire, nous ne saurions reculer alors que nous pouvons aider à mettre
la première pierre de l'édifice social. Qu'avons-nous demandé ?
L'organisation du Crédit de l'Echange, de l'Association afin d'assurer
au travailleur la valeur intégrale de son travail. L'instruction laïque
et intégrale ; le droit de réunion et d'association, la liberté absolue
de la presse, celle du citoyen ; l'organisation au point de vue municipal
des services de police, de force armée, d'hygiène de statistique, etc.
Travailleurs, Nous avons été dupes de nos gouvernants, nous nous sommes
laissé prendre à leur jeu alors qu'ils caressaient et réprimaient tour
à tour les factions dont l'antagonisme assurait leur existence. Aujourd'hui
le peuple de Paris est clairvoyant, il se refuse à ce rôle d'enfant dirigé
par le précepteur et dans les élections municipales, produit d'un mouvement
dont il est lui-même l'auteur, il se rappellera que le principe préside
à l'organisation d'un groupe, d'une association est le même qui doit gouverner
la société entière et comme il rejetterait tout administrateur, président
imposé par un pouvoir en dehors de son sein, il repoussera tout maire,
tout préfet imposé par un gouvernement étranger à ses aspirations.
Il affirmera son droit supérieur au vote d'une assemblée de rester maître
dans sa ville et de constituer comme il lui convient sa représentation
municipale sans prétendre l'imposer aux autres. Dimanche 26 mars, nous
en sommes convaincus, le peuple de Paris tiendra à l'honneur de voter
pour la Commune.
Les délégués présents à la séance de nuit du 23 mars 1871

les canons repris
par les Fédérés le 18 mars (place de Clichy)
Le
conseil fédéral des sections parisiennes, la chambre fédérale des sociétés
ouvrières : A propos de la création du comité de
salut Public.
Considérant que l'institution d'un comité de salut public aura pour effet
essentiel de créer un pouvoir dictatorial qui n'ajoutera aucune force
à la Commune Attendu que cette institution serait en opposition formelle
avec les aspirations politiques de la masse électorale dont la Commune
est la représentation. Attendu en conséquence que la création de toutes
dictatures par la Commune serait de la part de celle-ci une véritable
usurpation de la souveraineté du peuple, nous votons contre.
Paris le 2 mai 1871 :
Andrieu, Langevin, Ostyn, Vermorel, V. Clément, Theiz, Sérailler, Avrial,
Malon, Lefrançais, Pindy, Courbet, Girardin, Clémence, Arnould, Beslay,
Vallès, Varlin, Jouve.
Considérant que l'établissement
du comité de salut public est une atteinte portée aus droits que les membres
de la commune tiennent de leurs électeurs, je vote contre .
A. Clémence
Je ne crois pas à l'efficacité du Comité de Salut public. Ce n'est qu'un
mot et le peuple s'est trop longtemps payé de mots. Je vote contre.
A Vermorel
Je vote contre parce que je n'aime pas les défroques inutiles et ridicules
qui loin de nous donner de la force, nous enlèverons celle que nous avons.
G. Tridon
Ne croyant pas non plus aux mots sauveurs qu'au talismans et aux amulettes,
je vote contre.
Ch. Longuet
Considérant que le comité de salut public est une institution dictatoriale
incompatible avec le principe essentiellement démocratique de la Commune,
je déclare ne pas prendre part à la nomination de ses membres
G. Langevin
Paris le 4 mai 1871

Affiche de la
Fédération Anarchiste pour le centenaire de la Commune
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La Commune photographiée (Edition
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