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L'Europe du Mensonge
:
Depuis le début de la " construction européenne ", les politiciens et
politiciennes, de tous les pays et de tous les bords, nous mentent sur
leurs véritables objectifs, et sur les véritables conséquences de leurs
actes et décisions. L'Europe n'a pas d'autre objectif que de se renforcer
politiquement. L'impérialisme, dont sont victimes la plupart des populations
de la planète, est une des source de la barbarie actuelle. Le productivisme
capitaliste nous conduit droit dans le mur.
Il paraît évident que nous atteignons les limites écologiques de la planète
: dérèglement du climat, réchauffement de la planète, vache folle...
Les décideurs économiques et leurs exécutants politiques oeuvrant pour
un développement et prônant le productivisme afin d'augmenter les profits,
sont de véritables criminels contre la nature !
Ils risquent de rendre la Terre invivable ! "
L'Europe, c'est plus
de liberté ?
C'est plus de liberté pour les transactions financières, y compris de
blanchiment d'argent, pour les capitaux, pour les marchandises, produites
de manière irrationnelle toujours plus loin des lieux où elle seront consommées,
ce qui conduit à la pollution à travers le tout-camion, et à monter les
travailleurs et les travailleuses les uns/unes contre les autres en les
mettant en concurrence. Mais c'est toujours moins de libertés pour les
populations, pour les groupes sociaux et les classes dominées !
C'est toujours moins de droits et d'espaces démocratiques pour nous organiser
et mener la lutte sociale. Les immigré(e)s sont les plus durement frappé(e)s
par les mesures liberticides sur lesquelles l'Union européenne se construit.
Partout en Europe, on assiste à une traque des sans-papiers, à des expulsions
à tour de bras, qui dans des bien des cas renvoient les immigré(e)s à
l'oppression, à la misère et à la mort. Mais ces mesures touchent toutes
les personnes qui vivent dans les pays européens.
Les atteintes aux libertés publiques et individuelles sont la norme. Les
guerres servent de prétexte pour renforcer de façon continue les politiques
d'exception, dans une véritable logique de construction d'un pouvoir discrétionnaire
du capital et des appareils étatiques sur la société.
Face à cette situation :
* Nous réclamons un large développement des libertés publiques et des
droits fondamentaux et en premier lieu la liberté de circulation et d'installation
pour tous, sans condition de nationalité.
* Nous réclamons l'abolition des lois xénophobes partout en Europe.
* Nous prônons la solidarité internationale concrète avec tous les pays
dont sont issues les populations immigrées des pays européens.
L'Europe, C'est la paix
?
Les différents pays de l'Union européenne sont pour un grand nombre partie
prenante de l'Otan, qui est le plus grand facteur de conflits dans le
monde. Ces pays ont activement participé aux guerres en Irak, en ex-Yougoslavie,
et maintenant en Afghanistan. L'Europe vend des armes et forme des militaires
et des policiers/ères pour les pires dictatures du monde.
C'est pourquoi nous réclamons immédiatement
* la reconversion des industries d'armement à des fins civiles et d'utilité
sociale,
* le démantèlement des armées, o l'accueil des déserteurs/euses du monde
entier pour contraindre les pouvoirs publics à prendre des mesures concrètes
pour aider les luttes d'émancipation de par le monde, et aujourd'hui,
tout spécialement celles menées par les femmes démocratiques et révolutionnaires
en Afghanistan.
L'Europe, c'est plus
de prospérité ?
L'Europe, ce sont par dizaines de millions des travailleurs et travailleuses
de plus en plus exploités, contrôlés, dominés et précarisés. Ce sont par
millions des prolétaires acculé(e)s à la pauvreté par des salaires de
misère, des millions de chômeurs et chômeuses, de sans-abris, de mal-logé(e)s,
de mal-soigné(e)s, assisté(e)s, déscolarisé(e)s !
La prospérité est réservée à une minuscule fraction de la population,
les capitalistes industriels ou financiers et leurs gardes rapprochées
de politicien(ne)s, de technocrates et d'experts, ceux et celles qui spéculent
en bourse, décident des " licenciements boursiers " et des délocalisations
d'entreprises, ceux et celles qui se gavent de subventions et de cadeaux
fiscaux.
Pour notre part, nous refusons catégoriquement la logique capitaliste
d'accumulation des richesses entre les mains d'une minorité.
* Nous nous battons, au fil des luttes, pour imposer une redistribution
réelle des richesses et avancer vers la concrétisation du principe " à
chacun selon ses besoins, de chacun selon ses moyens ".
* Cette répartition, nous voulons qu'elle aille jusqu-à l'autogestion
de tous moyens de production et d'échange.
* Dès maintenant, nous combattons pour gagner sans cesse du contrepouvoir
et de la capacité d'alternative face au capital et aux appareils étatiques.
Nous poursuivrons la lutte pour l'extension et la généralisation des droits
des travailleurs et travailleuses et de tou(te)s les dominé(e)s jusqu'à
l'expropriation des patron(ne)s et des actionnaires et à la destruction
de leurs pouvoirs sur la société.
L'Europe, c'est la
démocratie ?
L'Europe des bureaucrates ne trouve rien à redire à la présence de gouvernements
comprenant des ministres fascistes en Autriche et en Italie. Elle ne tient
aucun compte des référendums, au Danemark et plus récemment en Irlande,
contraires à une construction européenne en faveur des patron(ne)s.
Elle les ignore tout simplement, ou les recommence jusqu'à ce que le résultat
convienne aux technocrates bruxellois(es). Le fonctionnement de l'Europe
est antidémocratique, il est le fait d'un gang de technocrates au service
exclusif des bourgeoisies et des multinationales.
Les populations occidentales, en particulier européennes, ne pourront
pas éternellement se dire irresponsables des politiques mises en oeuvre
par leurs gouvernements respectifs. En effet, c'est en leur nom que la
barbarie capitaliste s'exerce.
La démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple. Les gouvernements,
dits démocratiques, sont élus sur la base de programmes proposés à leurs
électeurs, sans avoir de compte à rendre à personne. La réalité montre
que les populations n'ont aucun contrôle et ne déterminent pas les politiques
menées par leurs gouvernements.
Ainsi à Gênes, les responsables du G8 ne peuvent entendre les revendications
des 200 000 manifestants et manifestantes, préférant le recours à la force
et assassinant l'un des nôtres. Par contre, la Commission européenne est
soumise volontairement aux pressions des lobbies des multinationales et
consorts rassemblés dans un immeuble proche de ladite commission.
Autrement dit, 200 000 manifestant(e)s ne sont pas audibles, mais les
responsables politiques et bureaucratiques prêtent une grande oreille
aux lobbies capitalistes.
Où est la démocratie ?
Nous refusons cette conception d'une démocratie de marché, vide, coupée
des gens.
Nous voulons
* la démocratie directe et autogestionnaire o le débat élargi à tout ce
qui touche nos vies
* une organisation véritablement fédéraliste de la société, s'appuyant
sur une Institution décidée depuis la base, égalitaire dans l'accès et
l'exercice du pouvoir, anti-hiérarchique et anti-bureaucratique.
l'Europe, c'est la sécurité
?
La sécurité, c'est pour les boursicoteurs/euses, les licencieurs/euses
et les politicien(ne)s véreux !
Mais l'Europe, c'est surtout l'insécurité écologique et alimentaire :
marées noires, catastrophes industrielles, vache folle, OGM ! C'est également
l'insécurité policière.
Les flics ont tous les droits, multiplient les fichages, les répressions
et ne se privent pas de contrôles au faciès, soutenus par des lois xénophobes.
L'Europe, c'est les tirs à balles réelles et les assassinats pour les
opposants et les opposantes, à Göteborg ou à Gênes.
Enfin, c'est l'insécurité sociale, avec l'institution du chômage et de
la précarité comme norme, pour casser par la misère et par la peur toute
velléité de contestation et de lutte.
Pour faire reculer cette insécurité quotidienne, il faut
* rompre radicalement avec le productivisme capitaliste
* imposer un droit de contrôle pour tous, travailleurs/euses, usagers/ères,
consommateurs/trices, sur les productions et leur utilité sociale
* construire dans et par la lutte une égalité qui ne soit pas qu'un mot,
une égalité non seulement politique mais également économique et sociale
l'Europe, c'est la liberté
de circulation ?
Les politiques européennes se caractérisent par une déréglementation de
plus en plus importante des conditions de travail. Elle se traduit par
un développement de la précarité et de la misère, une disparition des
dispositifs sociaux et une privatisation de tout ce qui peut être rentable
: santé, éducation, transport... Cette privatisation de l'espace public
s'accompagne d'une nouvelle politique concernant les populations paupérisées.
Ainsi, la gestion de la misère fait de plus en plus appel à la prison.
L'apartheid social est le corollaire de cette évolution du capitalisme.
Un des objectif de la politique européenne (objectif non exclusivement
européen, mais partagé par toutes les grandes puissantes) est de fixer
les pauvres là où ils sont.
Cela conduit à transformer l'Europe en véritable forteresse. Ainsi les
politiques de l'immigration sont de plus en plus coercitives. Le but n'est
pas d'expulser tous les immigré(e)s clandestin(e)s d'Europe.
C'est impossible pour 3 raisons :
1) manque de moyens : combien faudrait-il d'avions, de bateaux pour expulser
tou(te)s les clandestin(e)s ?
2) problème politique; si l'Etat veut expulser tous les clandestins, il
lui faut organiser des rafles gigantesques et ouvrir des camps à grande
échelle. Les Etats européens peuvent difficilement risquer un tollé à
ce sujet.
3) problème économique: les clandestins sont une main d'œuvre corvéable
à merci, faisant pression, malgré elle, sur le marché du travail pour
développer la précarité.
Le but est de disposer d'une main-d'œuvre acceptant des conditions de
travail des plus précaires et des salaires de misère, Des pans entiers
de la production ne pourraient être rentables sans les conditions d'exploitation
de ces personnes : bâtiment, restauration, hôtellerie, confection, agriculture...
Mais les pauvres sont aussi fixés dans les quartiers ghettos situés à
la périphérie des villes. La misère dans ces quartiers se développe. Ainsi,
il devient de plus en plus difficile pour des personnes confrontées à
la misère d'aller vivre là où elles veulent. Bien souvent, lorsqu'une
personne, victime de la misère, veut changer de région, on lui répond
qu'il faut qu'elle retourne là d'où elle vient.
Cette politique de gestion de la misère nécessite un dispositif policier
de plus en plus important. Les gouvernements, de droite comme de gauche,
ont conscience qu'il est impossible de surveiller policièrement des populations
en si grand nombre. Ils souhaitent transformer chaque citoyen en policier
en civil, chargé de surveiller et de dénoncer tout comportant jugé dévient
ou incivique. Ainsi le discours sur la tolérance zéro bat son plein !
La construction européenne, du point de vue des capitalistes, suppose
un désengagement de l'Etat au niveau social et économique et un renforcement
des politique autoritaires et sécuritaires.
Dans ce contexte, les attentats du 11 septembre sont du pain béni pour
les décideurs politiques : mise en place, sous couvert de lutte antiterroriste,
de tout un arsenal juridique visant à réprimer les populations vivant
dans les quartiers ghettos et les militants et militantes luttant contre
la mondialisation et/ou le capitalisme.
Alternative
Libertaire - Fédération Anarchiste - No Pasaran
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