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Affiche de
promotion de
Tierra y Libertad.
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Le problème des femmes avait été abordé dès la fin du XIXe siècle par
le mouvement libertaire espagnol. Des auteurs anarchistes écrivent des
articles dans la presse. On peur citer Amselmo Lorenzo, José Prat et Teresa
Claramount.
Pendant la Seconde République, les libertaires organisent des campagnes
en faveur de l'éducation sexuelle, pendant lesquelles ils développent
l'information sur le contrôle des naissances, la prévention des maladies
vénériennes, sur la liberté sexuelle et l'union libre. Le mouvement ouvrier
syndical s'organise et se développe en Espagne dès le début du siècle.
Il connaît des périodes de répression très dures. Les dictatures d'Alphonse
XIII et de Primo de Rivera répriment de façon sanglante les luttes sociales.
Les militants sont pourchassés et assassinés, et les groupes démantelés.
Malgré cela les organisations se reconstituent.
A la veille de la révolution, le mouvement libertaire occupe une place
essentielle sur le champ social. Le congrès de la C.N.T. (centrale anarcho-syndicaliste)
de mai 1936 adopta dans son rapport sur le concept confédéral du communisme
libertaire la complète égalité de la femme et de l'homme. Afin de mieux
comprendre ce que pouvait représenter ce discours dans la société espagnole,
il faut essayer de remonter 50 ans en arrière.
L'éducation très catholique reléguait les femmes au rôle de servante et
de mère. Ces idées se heurtaient au machisme, et ceci même parmi les militants
syndicalistes. Il faut aussi remarquer que parallèlement, en France, il
faudra attendre 1945 pour que les femmes aient le droit de vote. Née d'une
réflexion de femmes militant dans les organisations anarchistes et anarcho-syndicalistes,
" Mujeres Libres " s'était donné pour but la libération de la femme sous
tous ses aspects afin de combattre son esclavage en tant que productrice,
son esclavage en tant que femme, son esclavage dû à l'ignorance.
Il s'agissait aussi d'attirer les femmes vers les idées libertaires. Des
groupes féminins s'étaient constitués à Madrid, Barcelone et Valence dès
1933 autour d'une revue et d'une intervention de type culturelle. Ils
se sont regroupés à la veille de la révolution, afin de s'organiser en
fédération et de lancer une campagne de propagande. Ses objectifs étaient
l'émancipation de la femme et du prolétariat. Mujeres Libres ne
voulait pas être une organisation d'une minorité élitiste de dirigeants,
mais se proposait d'être une organisation de masse de femmes. Elle comptera
jusqu'à 20 000 affiliées au plus fort de son essor.
De même, Mujeres Libres s'identifiait aux aspirations du mouvement
libertaire espagnol et se considérait comme partie prenante de ce mouvement,
même si cela n'a pas toujours été bien compris du reste du mouvement espagnol.
La révolution espagnole a sûrement déterminé l'essor de cette organisation.
En effet, l'atmosphère catalysatrice de la "guerre" a fait que beaucoup
de femmes sont sorties de leur rôle social traditionnel. En effet, dès
juillet 1936, les ouvriers et les paysans regroupés dans les syndicats
de la C.N.T. et de l'U.G.T. réorganisèrent la production dans les villes
et dans les campagnes. De nombreux hommes et femmes partirent au front
combattre le fascisme.
Mujeres libres a profité de la dynamique révolutionnaire afin d'investir
tous les terrains. Leurs actions concrètes ont été nombreuses et variées,
s'adaptant aux situations locales. Elles se sont attaquées au problème
de l'éducation des femmes en organisant des cours d'alphabétisation, des
cours d'éducation sexuelle et cours de formation professionnelle.
Elles se sont aussi occupées de l'éducation des enfants en créant des
classes et des ateliers inspirés de l'Ecole rationaliste de Franscisco
Ferrer. Elles ont constitué des groupes d'aide aux familles et aux victime
de guerre. Elles se rendaient régulièrement sur le front apporter leur
aide morale aux miliciens. Elles ont organisé à l'arrière des fronts des
hôpitaux, des crèches gratuites, des réfectoires populaires ainsi que
des liberatorios pour aider les femmes à se libérer de la prostitution.
Elles ont assumé des postes de responsabilité à tous les niveaux de la
société qui était en construction.
Enfin, certaines sont parties immédiatement sur le front combattre le
fascisme.
Carolina (Groupe
de Béziers)
Miliciennes sur
le départ
portraits de
femmes Anarchistes (1) :
Dolores
Prat
vit aujourd'hui à Toulouse, elle est née à Ripoll, en Catalogne, d'une
famille pauvre très catholique. Après une année chez les soeurs dont elle
garde un souvenir très pénible et une année à l'école publique, elle commence
à travailler dans une usine textile. Elle raconte : " En 1919, il y eut
une grande grève dans toute la Catalogne... C'est alors que je me suis
mise à travailler, j'avais quinze ans. Mon père me proposa de suivre des
études pour devenir institutrice ou de m'acheter un fonds de commerce.
Je ne voulais pas passer ma vie avec des enfants, ni me voir vendre de
la nourriture au lieu de la distribuer... il y avait tant de misère. Alors
je lui ai dit que je voulais aller à l'usine pour pouvoir protester.
Et là, je suis rentrée à la C.N.T., parce que c'était eux les vrais révolutionnaires.
"
Lola
Iturbe a commencé à travailler elle aussi très jeune dans
l'industrie du textile à Barcelone, Née d'une relation extra-conjugale,
elle a beaucoup souffert de cette situation. La pression sociale, imprégnée
de catholicisme et de moralisme, fait d'elle une enfant révoltée. C'est
dans les milieux libertaires qu'elle rencontre la chaleur et le respect
qu'elle attendait.
A partir de là, elle commence à étudier et à connaître l'anarchisme :
" (... ) Un des événements les plus sensationnels avant la révolution
eut lieu un 1er mai à Barcelone, à la fête du livre. Pour la première
fois, la maison d'édition anarchiste Tierra y Libertad y tint un
très grand stand. Il y avait des jeunes filles qui vendaient à la criée
les brochures du docteur Lazarte en revendiquant la liberté sexuelle.
Vous pouvez imaginer ce que ce discours pouvait représenter à ce moment-là.
Ce fut la première fois que l'anarchisme sortait dans la rue, non plus
comme quelque chose de violent mais comme un phénomène culturel... " Elle
a dirigé avec son compagnon Juan Manuel Molina la revue théorique anarchiste
Tierra y Libertad et a écrit un ouvrage en 1974, en castillan La
femme dans la lutte sociale. " Il faut que nous gardions en mémoire,
les milliers de femmes qui furent exécutées pendant la guerre. Je me souviens
de l'une d'entre elles, elle s'appelait Soledad Amoros. Lorsque les fascistes
lui annoncèrent son exécution, elle demanda si elle pouvait se retirer
quelques instants dans sa cellule.
Elle s'habilla, se maquilla, et lorsqu'elle sortit dans la cour, elle
cria : " compagnes, ils m'emmènent à la mort, vive la liberté ! " C'est
pour cela, que j'ai écrit ce livre, pour que ces femmes ne restent pas
dans l'anonymat. En effet, peu de ces femmes ont été citées dans les nombreux
ouvrages que les compagnons ont écrit sur le mouvement anarchiste espagnol,
à part peut-être Soledad Gustavo et Teresa Claramount.
En revanche, moi j'ai voulu parler des autres qui ont été moins connues,
mais qui n'en ont pas eu pour cela une importance moindre dans l'histoire
de notre mouvement. "
F. Montseny
Federica
Montseny a été une des figures marquantes de cette révolution.
Elle a été une des ministres anarchistes qui ont participé au gouvernement.
Et elle fut la première femme nommée ministre en Espagne (ministre de
la Santé). Fille de militants anarchistes, elle raconte comment sa mère,
au début du siècle, partait faire des tournées de conférences avec trois
compagnons et comment de chez elle sortaient des milliers de brochures,
de revues que ses parents éditaient.
Elle parle aussi des réalisations auxquelles elle a participé, lorsqu'elle
était ministre : la création de lieux pour les enfants et les personnes
âgées ; les centres de formation pour les femmes, particulièrement pour
aider les prostituées à se libérer de leur milieu ; ainsi que la légalisation
de l'avortement libre.
Pepita
Carpena a vécu ses années d'adolescence pendant cette période.
Faisant partie des jeunesses libertaires, très tôt le problème de l'émancipation
de la femme l'a poussée à participer aux activités de " Mujeres Libres
".
Là, elle y rencontre Mercedes Comaposada et Lucia Sanchez Saornil, deux
des femmes fondatrices de ce mouvement. Ces femmes, en complétant son
éducation de jeune fille quasiment analphabète, ont eu une grande importance
dans sa vie.
Elle raconte ces trois années de lutte, de révolution, qui l'ont tant
enrichie et malgré la guerre, les bombardements, les compagnons disparus,
elle garde de cette époque un souvenir très exalté. Trois années qui ont
compté chacune pour dix.
Trois années qu'elle aurait regretté ne pas avoir vécu.
Pepita participe aujourd'hui
aux travaux du C.I.R.A. de Marseille.

Pepita Carmena,
Conchita Lano, Conchita Guillen, Sara Berenguer, réunies dans le
sud de la France
Autres
articles :
1936,
à la veille de la révolution ;
l'autogestion et l'oeuvre constructive
des anarchistes :
La
CNT et l'éducation ; Amposta
village collectivisé (Catalogne)
Les collectivisations
en Espagne (A. Souchy) ; Calenda
: le communisme libertaire en Aragon ;
les coopératives
dans les collectivités libertaires en Aragon 1936 1939 ;
Gaston Leval et l'Espagne libertaire ; Principes
et enseignements des collectivisations (G. Leval)
Les industies
collectivisées (Vernon Richard) ;
Pourquoi les taxis
de Barcelonne sont-ils rouges & noirs ? ;
Mujeres
libres ; Femmes
dans la guerre et dans la révolution ;
Les FIJL (Fédération
ibérique des jeunesses libertaires) ;
1936/19..,
Estampe de la révolution Espagnole (témoignage d'une
femme dans la tourmente révolutionnaire).
Cinéaste
militant sur le front d'Aragon interview d'Adrien Porchet ;
l'industrie du
spectacle socialisée à Barcelone (témoignage
de L. Mercier Véga) ;
1936-1939,
cinéma guerre et révolution en Espagne : Ni Hollywood !
Ni Moscou !
le Syndicat des dessinateurs profesionnels de Barcelone (SDP UGT) ;
Actions, contre la prostitution, menées par les groupes Mujeres Libres ;
Guerre ou Révolution
en Espagne 1936 - 1939
?
18
et 19 juillet 1936, riposte ouvrière face au coup d'Etat fasciste
à Barcelone (racontée par Abel Paz) ;
Le 19 juillet
1936 dans les Asturies ; La
défense de Madrid (vue par Cipriano Méra) ;
Mai 37 : la contre révolution
stalinienne ; la
Tchéka en Espagne ; les
fossoyeurs de la révolution ? ;
les milices anarcho-syndicalistes,
la militarisation et la discipline ;
la Colonne Durruti
; Ortiz un général
sans Dieu, sans Maître ;
Structure et organisation
de la Colonne de Fer (Columna de hierro) ;
Le Plénum
des colonnes confédérales et anarchistes Février
1937 ;
A propos du film de
Ken Loach "Land et Freedom" ; 1937,
les crimes staliniens en Aragon (Gaston Leval) ;
Lettre ouverte
à la Camarade Frederica Montseny (C. Berneri) ;
A
lire :
l'Espagne Libertaire de Gaston Leval
(Editions du Monde Libertaire)
; L'espagne libertaire (Revue
La Rue N° 37) ; Hommage
à la Catalogne
(G. Orwell) ; Collectivité
à Calenda (Editions
de la CNT) ; Autogestion
et Anarchosyndicalisme (F.
Mintz) ; Bonaventura Durruti
(Abel Paz)
; Enseignements de la révolution espagnole (Vernon
Richard) ; Mujeres Libres
(Edition du Monde libertaire)
; Sara Berenguer & Pepita Carmena (Edition
graine d'ananar) ; Le
communisme libertaire (Isaac Puente) ; Ils ont osé (Ed
du Monde libertaire) ;
Espagne 36. Les affiches des combattant-e-s de la Liberté ! (co-édition Libertaires et Monde Libertaire)
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