autres articles
& bibliographie
sur le sujet

La CNT et l'éducation, 1936 -1939

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les réalisations éducatives de la révolution espagnole témoignent
là encore de l'influence, dynamique de la CNT et
affirment clairement l'optique libertaire.

La C.N.T. et l'éducation
An congrès de Saragosse -1er au 11 Mai 1936-, la CNT aborda les problèmes de l'éducation lors de la définition du "communisme libertaire". Située dans cette perspective, l'éducation était placée sur son vrai terrain, celui de la révolution.
Voici comment la C.N.T. l'envisageait à Saragosse (1)


1936 dans la "Mancha", sur les murs de la classe une affiche de la CNT.

A PROPOS DE LA PEDAGOGIE DE L'ART DE LA SCIENCE, DE L'EXPERIMENTATION LIBRE.
Il aborder le problème de l'enseignement de manière radicale. En premier lieu, l'analphabétisme devra être combattu énergiquement et systématiquement. La culture sera rendue à ceux qui en ont été dépossédés : c'est un devoir que la révolution doit accomplir en tant que réparateur de la justice sociale, car elle considère que tout comme le capitalisme a été l'accapareur et le détenteur de la richesse sociale, ceux à qui elle profitait ont été les accapareurs et les détenteurs de la culture et de l'instruction. Redistribuer les richesses matérielles et la culture sont les objectifs essentiels de notre révolution.
Comment ?
En expropriant le capitalisme en ce qui concerne les biens matériels et en répartissant la culture entre ceux qui en ont été dépourvus. Notre travail pédagogique devra, par conséquent, se diviser en deux temps. Nous avons une oeuvre pédagogique à réaliser juste après la révolution sociale, et une oeuvre générale humanitaire à l'intérieur de la nouvelle société alors créée.
En premier lieu, il faudra organiser dans la population analphabète une culture élémentaire, consistant par exemple à enseigner, à lire, à écrire, à compter, la culture physique, l'hygiène, le processus historique de l'évolution et de la révolution, la théorie de l'inexistence de Dieu. Cette oeuvre pourra être réalisée et menée à bien par un grand nombre de jeunes intellectuels qui effectivement un service volontaire à la culture de un ou deux ans, parfaitement contrôlés et guidés par la Fédération Nationale de l'enseignement qui, juste après la proclamation du Communisme libertaire, sera chargée de tous les établissements d'enseignement, mesurant la valeur des enseignants professionnels et volontaires.
La Fédération Nationale de l'Enseignement écartera ceux qui intellectuellement et surtout moralement seront incapables de s'adapter aux exigences d'une pédagogie libre. De même pour le choix des enseignants du "primaire" et du "secondaire", il sera tenu compte uniquement de la capacité démontrée en pratique.
L'enseignement en tant que mission pédagogique destinée à éduquer une Humanité nouvelle, sera libre, scientifique et égal pour les deux sexes, pourvu de tous les éléments nécessaires pour s'exercer en n'importe quelle branche de l'activité productrice et des connaissances humaines.
Une place particulière sera accordée à l'hygiène et à la puériculture, en éduquant la future mère dès l'école. De même il faudra accorder une attention particulière à l'éducation sexuelle, base de l'épanouissement de l'espace humaine.
Nous estimons que la fonction primordiale de la pédagogie est d'aider à la formation d'hommes pourvus d'un jugement critique -et soyez certains qu'en parlant d'hommes nous entendons genre humain- c'est pourquoi il sera nécessaire que le maître cultive toutes les facultés de l'enfant afin de permettre le développement complet de toutes ses potentialités.

N'empoisonnez pas les enfants ! (Jeunesses Libertaires)

Dans le système pédagogique que le Communisme libertaire mettra en pratique, tout système de sanctions et de récompenses sens définitivement abandonné car dans ces principes réside le ferment de toutes les inégalités. Le cinéma, la radio, tout ce qui a une mission pédagogique (livres, dessins, projections) seront des auxiliaires excellents et efficaces pour une transformation intellectuelle et morale rapide des générations présentes et pour développer la personnalité des enfants et des adolescents qui naissant et grandissent dans un régime Communiste Libertaire.
En dehors de l'aspect proprement éducatif des premières années de la vie, la société communiste libertaire assurera, tant qu'elle existera, à tous les hommes. L'accès et le droit à la science, à l'art, aux recherches de tout ordre compatibles avec les activités productrices essentielles, ce qui garantit à l'Homme l'équilibre et la santé.
Dans la société communiste libertaire, les producteurs ne se diviseront pas en manuels et intellectuels, mais tous seront à la fois manuels et intellectuels. L'accès aux arts et aux sciences sera libre car le temps consacré à chacun d'eux dépendra de l'individu et non de la collectivité d'où celui-ci s'émancipera, s'il le veut, lorsqu'il aura terminé sa journée de travail, sa mission de producteur.
Des nécessités d'ordre spirituel, parallèlement aux nécessités d'ordre matériel se manifesteront avec plus de force dans une société qui satisfera les premières et qui laissera l'homme s'émanciper moralement. L'évolution étant une ligne continue, bien que parfois inflexible, l'individu aura toujours des aspirations, des envies de posséder plus, de surpasser ses parents, de surpasser ses semblables, de se surpasser. Une société basée sur le libre examen et sur la liberté de toutes les manifestations de la vie humaine ne pourra étouffer sous n'importe quelle convenance d'ordre matériel ou universel toutes ces, angoisses de se surpasser, de surpasser les autres, de créer -dans le domaine artistique, scientifique au littéraire-, d'expérimenter; elle ne les détruire pas comme cela se passe aujourd'hui, mais au contraire, elle les encouragera, les cultivera en pensant que l'homme ne vit pas seulement de pain et que ceux qui ne vivent que de pain sont malheureux.
Il n'est pas logique de supposer que les hommes, dans notre nouvelle société, caressent le désir de se disperser. En effet dans les communes libertaires autonomes, on destinera des jours au loisir de tous que les assemblées signaleront en choisissent et désignant des dates symboliques de l'Histoire de la nature. De la même façon, chaque jour, des heures seront consacrées aux expositions, aux représentations théâtrales, au cinéma, aux conférences culturelles qui procureront joie et divertissements collectifs.

L'ECOLE NOUVELLE UNIFIEE
Lorsqu'elle éclate, deux mois après le Congrès de Saragosse, la Révolution prend un aspect fulgurant en Catalogne. Le 27 Juillet 1936, c'est-à-dire à peine plus d'une semaine après l'explosion libératrice, le gouvernement catalan, la Généralité le président Companys avait offert aux anarchistes de prendre le pouvoir.
Il publie entre autres un décret qui faisait référence aux orientations pédagogiques de la Révolution :
"La volonté révolutionnaire du peuple a supprimé J'école de tendance confessionnelle. C'est le moment venu pour une nouvelle école qui s'inspire des principes rationalistes du travail et de la fraternité humaine. Il faut organiser une Ecole Nouvelle Unifiée, d'une façon telle que non seulement elle se substitue au régime scolaire que le peuple put détruire, mais aussi qu'elle crée une vie scolaire qui s'inspire d'un sentiment de solidarité universelle et du respect des diversités sociales et individuelles, et qui a pour base la suppression de toute classe de privilèges.


Les affiches de la révolution espagnole 1936 1939


Autres Articles :
l'autogestion et l'oeuvre constructive des anarchistes :
Amposta village collectivisé (Catalogne) ; Histoire des athénées -libertaires- en Espagne ;
Les collectivisations en Espagne (A. Souchy) ; Calenda : le communisme libertaire en Aragon ;
les coopératives dans les collectivités libertaires en Aragon 1936 1939 ;
Gaston Leval et l'Espagne libertaire
; Principes et enseignements des collectivisations (G. Leval)
Les industies collectivisées (Vernon Richard) ;
Pourquoi les taxis de Barcelonne sont-ils rouges & noirs ? ;
Mujeres libres ; Portraits de femmes anarchistes ; Femmes dans la guerre et dans la révolution ;
Les FIJL (Fédération ibérique des jeunesses libertaires) ;
Cinéaste militant sur le front d'Aragon interview d'Adrien Porchet ;
l'industrie du spectacle socialisée à Barcelone (témoignage de L. Mercier Véga) ;

1936-1939, cinéma guerre et révolution en Espagne : Ni Hollywood ! Ni Moscou !

le Syndicat des dessinateurs profesionnels de Barcelone (SDP UGT) ;
Eléments biographiques sur ceux qui ont donné des couleurs à la révolution espagnole ;
Guerre ou Révolution en Espagne 1936 - 1939 ?
18 et 19 juillet 1936, riposte ouvrière face au coup d'Etat fasciste à Barcelone (racontée par Abel Paz) ;
Le 19 juillet 1936 dans les Asturies ;
La défense de Madrid (vue par Cipriano Méra) ;
Mai 37 : la contre révolution stalinienne ; la Tchéka en Espagne ; les fossoyeurs de la révolution ? ;
les milices anarcho-syndicalistes, la militarisation et la discipline ;
la Colonne Durruti ; Ortiz un général sans Dieu, sans Maître ;
Structure et organisation de la Colonne de Fer (Columna de hierro) ;
Le Plénum des colonnes confédérales et anarchistes Février 1937 ;
A propos du film de Ken Loach "Land et Freedom" ;
1937, les crimes staliniens en Aragon (Gaston Leval) ;
Lettre ouverte à la Camarade Frederica Montseny (C. Berneri) ;


Ramon Acin, artiste anarchiste espagnol fusillé par les franquiste en juillet 1936 ;

A lire :
l'Espagne Libertaire de Gaston Leval (Editions du Monde Libertaire) ; L'espagne libertaire (Revue La Rue N° 37) ; Hommage à la Catalogne (G. Orwell) ; Collectivité à Calenda (Editions de la CNT) ; Autogestion et Anarchosyndicalisme (F. Mintz) ; Bonaventura Durutti (Abel Paz) ; Enseignements de la révolution espagnole (Vernon Richard) ; Mujeres Libres (Edition du Monde libertaire) ; Les Anarchistes espagnols (José Peirats) ;
Le communisme libertaire (Isaac Puente) ; ;
Espagne 36. Les affiches des combattant-e-s de la Liberté ! (co-édition Libertaires et Monde Libertaire)

A voir, à écouter :
Ortiz un général sans dieu ni maître (Vidéo) ; Un autre futur de Richard Prost (en quatre parties) ;
DE toda la vida ;
A la barricadas : enregistré à Barcelone été 1936 (1,1 Mg)

 

Haut de page