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- 1864, création de l'Association Internationale des travailleurs (AIT) qui sera sous la triple influence des marxistes, des mutualistes-proudhoniens et des anti-autoritaires (qui deviendront les anarchistes).
- 1872, congrès de Saint Imier. Les sections française, italienne, jurassienne, espagnole, jettent les bases de l'anarchisme social organisé.
- 1901, Francisco Ferrer ouvre les premières Ecoles modernes qui s'inspirent des expériences pédagogiques développées, en France, par Sébastien Faure, Paul Robin,…
- 1904, Solidaridad Obrera organe de l'organisation ouvrière du même nom, devient hebdomadaire, puis quelques années plus tard quotidien..
- 1909, Francisco Ferrer est « assassiné » légalement, malgré d'immenses manifestations internationales.
- 1910, création de la CNT à partir des groupes issus de la section espagnole de l'Internationale
- 1919-1921, la CNT compte 700 000 adhérents. Elle participe à plusieurs réunions lors de la création de l'Internationale des syndicats rouges à Moscou. Les délégués Angel Pastana, Gaston Leval, refusent la soumission au bolchevisme.
- 1922, création de l'Association Internationale des Travailleurs (AIT) qui regroupent les organisations anarcho-syndicalistes dont la CNT ; les Comités syndicalistes révolutionnaires (CGT-U / France) ; la FAUD (Allemagne) ; l'USI (Italie) ; la SAC (Suède) ; la CGT (Portugal) ; la FORA (Argentine), etc.
- 1922, Salvador Segui (dirigeant de la CNT ) est assassiné par des « pistoleros ». Des groupes de libertaires affinitaires (B. Durruti, les Frères Ascaso, G. Oliver, A. Ortiz,…) se forment pour défendre les militants et les œuvres anarchistes contre le terrorisme patronal : Nosotros et Los Solidarios sont les plus connus .
- 1927, naissance de la Fédération Anarchiste Ibérique (FAI)
- Avril 1931, naissance de la République , le roi Alphonse XIII quitte l'Espagne. Une coalition « républicano-socialiste » gagne les élections. Les premiers groupes de femmes anarchistes s'organisent au sein de la CNT.
- 1931-1934, cycle des insurrections libertaires : en Andalousie (Casas Viejas) ; en Catalogne, en Aragon, en Asturies (octobre 1934). Cette dernière sera réprimée sauvagement (plus de 1000 morts).
1934. Jeunes antifascistes lutter pour la liberté du prolétariat.
- 1932, création de la Fédération des Jeunesses Ibériques Libertaires (FJIL)
- Octobre 1933, création des Phalanges par Primo de Rivera (organisation fasciste espagnole). La Phalange négocie avec Mussolini un accord d'entraide.
- Novembre 1934 - 1936, retour de la droite au pouvoir : la CEDA. Plus de 100 000 personnes sont emprisonnées dont la plupart sont libertaires. La peine de mort pour « délits sociaux » est rétablie.
- Février 1935, fondation du Parti Ouvrier d'Unification Marxiste (marxiste anti-stalinien).
- Janvier- février 1936, dissolution de l'assemblée, puis élections. Exceptionnellement la CNT ne fera pas campagne en faveur de l'abstention. Victoire du Frente Popular : PSOE ; Gauche Républicaine ; catalanistes ; PCE, POUM,… Conformément à ses engagements la gauche libère les prisonniers politiques. La Généralité de Catalogne lance l'organisation d'Olympiades Populaires en contre point des JO de Berlin.
- Avril 1936, fondation de la revue Mujeres Libres ( femmes libres) par des militantes de la CNT.

- 1er- 15 Mai 1936, Congrès de la CNT à Saragosse : adoption du communisme libertaire. La CNT est la première force syndicale en Espagne (plus d'un million d'ahérent-e-s).
- Mai- juin 1936, nombreuses grèves à l'initiative de la CNT. La tension s'accroît entre le gouvernement et les syndicalistes et d'autre part mobilisation de la droite et de l'armée. Le gouvernement fait emprisonner certains leaders syndicaux de la CNT dont Cipriano Mera (grève générale du bâtiment à Madrid).
- 17 juillet, soulèvement de l'armée au Maroc, appel à la mobilisation de la CNT et de l'UGT. Le gouvernement républicain refuse de donner des armes aux organisations syndicales, Giral (président de la République espagnole) demande de l'aide à Léon Blum pour sauver la république. Le front populaire français refuse.
- 18 juillet, soulèvement fasciste.Le général Franco, « surveillé» par les libertaires, échappe de peu à un attentat organisé par la CNT, il se dirige vers l'Espagne.
- 19 juillet, contre-offensive ouvrière dans toutes les grandes villes.
Le mouvement libertaire fut le seul -entre 1936 et 1939- à célébrer la journée du 19 juillet, pourquoi ? Les organisations « républicaines » préférèrent glorifier la victoire du Front populaire et l'avènement de la République. Les communistes choisirent le 18 juillet… comme Franco qui décréta le 18 juillet jour férié !
les affiches du 19juillet
- 21 juillet, création du comité central des milices à Barcelone (présidé par Garcia Oliver de la CNT ). Il regroupe l'ensemble des organisations ouvrières, révolutionnaires et républicaines. Il dirige de fait la Catalogne. Départ des premières colonnes de milicien-e-s CNT et UGT- vers les villes et les provinces contrôlées par les fascistes.
- Juillet-août 1936, contre l'avis de l'Internationale Communiste, des milliers de volontaires étrangers : français, italiens, allemands, anglais,… intègrent les milices ouvrières pour combattre le fascisme. Georges Orwell (Hommage à la Catalogne ), Benjamin Perret (du groupe surréaliste), la philosophe Simone Weil participent aux colonnes du POUM ou de la CNT. Les gouvernements de « gauche » français et anglais prônent la NON intervention. La CNT dira : Pendant qu'Hitler et Mussolini envoient des troupes et des chars à Franco, Léon Blum nous propose des ambulances !
- Juillet-août 1936, les congrès locaux, régionaux (CNT et UGT) de paysans et d'industries prononcent la collectivisation des terres, des usines et des services publics (santé, transports, éducation, culture, électricité,…). Le communisme libertaire est proclamé dans de nombreuses communes, et cantons. Dans certains cantons l'argent est aboli. Création de la Nouvelle Ecole Unifiée de Catalogne (CENU) s'inspirant de la pédagogie de Francisco Ferrer.
l'album photo des milices libertaires
- Eté 1936, entrée des anarchistes dans toutes les instances « officielles » républicaines.
- Automne 1936, Début de la « bataille de Madrid ». Décidées par Staline et dirigées par André Marti (surnommé le boucher d'Albacete), les premières Brigades internationales arrivent sur le front de Madrid. Le gouvernement républicain fuit Madrid pour s'installer à Valence. Il échange l'or de la Banque d'Espagne contre des armes avec Staline. Création des conseils de défense d'Aragon et d'Asturies (animés par la CNT ) et de la Junte de défense de Madrid.
- 19 novembre, mort de Buenaventura Durruti sur le front à Madrid.
- Hiver 1936-1937, malgré la victoire des anti-fascistes à Madrid, premiers revers des milices dont l'avance est stoppée par le manque d'armement lourd (aviation, chars, canons,…). Hitler envoie la division « Condor » (5000 hommes) à Cadiz pour aider Franco. Le gouvernement Blum interdit « officiellement » le passage des volontaires à destination des zones « républicaines ».
Les communistes entament leur campagne de dénigrement systématique des milices, des collectivités libertaires agraires et industrielles et surtout des organisations anarchistes et trotskistes. Le POUM est exclu de la « généralité » de Catalogne. Un congrès du PCE à Valence dénonce le POUM comme une organisation fasciste. Staline propose de fusionner le PSOE (socialiste) et le PCE (communiste). Les armes républicaines (soviétiques) ne sont pas distribuées aux milices de la CNT et du POUM.
- Février 1937, plénum des colonnes confédérales et libertaires à l'initiative de la Colonne de Fer. Thème : la militarisation des milices voulue par le gouvernement républicain et approuvée –sans débat interne- par le Comité national de la CNT. De nombreux militants libertaires refusent l'incorporation forcée, la conscription obligatoire et la militarisation. La censure gouvernementale prend de l'ampleur dans la presse libertaire, en avril certains journaux et revues libertaires sont interdits.
Mars 1937, deuxième victoire anti-fasciste à Madrid. Les fascistes italiens sont mis en déroute à Guadalajara. Les « colonnes du Centre » de la CNT prennent une part prépondérante dans cette victoire.
Eléments biographiques sur ceux qui ont donné des couleurs à la révolution espagnole ;
- Printemps 1937, les troupes franquistes lancent une offensive dans la poche du Nord Ouest : Asturies et Pays basque, la ville de Guernica est bombardée. Pendant ce temps là,… A Vilanesa, un groupe communiste prend d'assaut la permanence syndicale CNT, tous les présents sont assassinés.
- 1 er mai 1937, les défilés syndicaux unitaires sont annulés.
- 3-15 mai 1937, contre-révolution communiste à Barcelone. Des troupes tentent de prendre d'assaut certains bâtiments contrôlés par la CNT. Plusieurs centaines de militants du POUM, de la CNT et des FJIL disparaissent, sont assassinés, parmi les plus célèbres : Andrés NIN (dirigeant du POUM), Camillo Berneri (militant anarchiste italien).
- Mai -septembre 1937, les prisons staliniennes se remplissent de combattant antifascistes. Les troupes du général Lister (communiste) détruisent les collectivités autogestionnaires d'Aragon qui se reconstituent après son passage. Dissolution du conseil de défense d'Aragon. Chute du gouvernement Caballero, départ des ministres anarchistes. Le nouveau gouvernement rétablit la primauté de la propriété privée sur les collectivisations.
- Juin 1937, congrès international de l'AIT. Après d'âpres débats, les positions officielles de la CNT sont approuvées. La CNT fonde : Solidarité Internationale Antifasciste (SIA) dont l'objectif est d'organiser l'entraide internationale avec l'Espagne.

- Hivers 1937-1938, bataille autours de Teruel. D'abord prise par les républicains, cette ville sera reprise par les troupes fascistes en février 1938. Sur proposition du gouvernement anglais, le gouvernement Negrin accepte la dissolution et le retrait des brigades internationales.
- Mars 1938, nouvelle plate-forme unitaire CNT-UGT.
- Juillet-août 1938 : Bataille de l'Ebre. Défaite de l'armée républicaine. La nationalisation de l'industrie met fin au contrôle des usines par les ouvriers et leurs syndicats. A Madrid et en Catalogne la fédération des métallos CNT refuse ce dictat.
- Septembre 1938, les accords de Munich entre d'une part la France et l'Angleterre et d'autre part l'Allemagne et l'Italie fasciste mettent fin aux espoirs de l'Espagne anti-fasciste.
- 1939, offensive contre Barcelone (février) et Madrid (mars). Début de la « Retirada », 500 000 personnes passent par les pyrénées. Les combattants sont parqués dans des camps de concentration.
- 1er Avril 1939, fin des combats. La répression franquiste s'intensifie des centaines de milliers d'individu-e-s sont fusillés, autant sont emprisonnés, déportés,…
- 1939, Hitler et Staline signent le pacte « germano soviétique ». Leurs armées envahissent la Pologne ce qui déclanchera la deuxième guerre mondiale.
- 24 Août 1944 : la 9è compagnie de la 2è DB entre dans Paris. Cette compagnie est entièrement constituée d'antifascistes espagnols (socialistes, communistes, anarchistes).
- 1944 – 1975 : La Guerre est finie, mais la lutte continue : grèves, attentats contre Franco, sabotages... Des maquis seront actifs jusqu'à la fin des années cinquante. Les frères Sabate (arrêtés en 60), le groupe du 1er Mai (1964,…) ou Salvador Puig Antich seront les camarades les plus visibles de cette lutte contre le franquisme. La lutte ne pouvait prendre fin puisque la révolution restait à faire.
Affiche de Badia Vilato à la gloire du sabotage contre l'Espagne franquiste (1947).
Sigles :
AIT : Association Internationale du Travail
CNT : Confédération Nationale du Travail (anarcho-syndicaliste)
FAI : Fédération Anarchiste Ibérique
FIJL ou JL : Fédération Ibériquedes Jeunesses Libertaires
ML : Mujères Libres. Fédération des groupes Femmes Libres
SIA : Solidarité Internationale Antifasciste
PCE : Parti Communiste Espagnol
PSUC : Parti Communiste en Catalogne
JSU : Jeunesse Communiste
PSOE : Parti Socialiste Ouvrier Espagnol
UGT : Union Générale des Travailleurs (socialiste)
POUM : Parti Ouvrier d'Unification Marxiste (anti-stalinien)
UHP : Union des Frères Prolétaires (Comité unitaire regroupant : anarchistes, socialistes, communistes, trotskistes)
CEDA : Confédération espagnole des droites autonome

Autres articles :
Le 9 juillet 1936, le Front populaire choisit les Jeux Olympiques d'Hitler plutôt que les Olympiades populaires de Barcelone ;
l'autogestion et l'oeuvre constructive des anarchistes :
La CNT et l'éducation ; Amposta village collectivisé (Catalogne) ; les billets et la monaie édités entre 1936 et 1939 ;
Les collectivisations en Espagne (A. Souchy) ; Calenda : le communisme libertaire en Aragon ;
les coopératives dans les collectivités libertaires en Aragon 1936 1939 ;
Gaston Leval et l'Espagne libertaire ; Principes et enseignements des collectivisations (G. Leval)
Les industies collectivisées (Vernon Richard) ; Pourquoi les taxis de Barcelonne sont-ils rouges & noirs ? ;
Mujeres libres ; Portraits de femmes anarchistes ; Femmes dans la guerre et dans la révolution ;
Les FIJL (Fédération ibérique des jeunesses libertaires) ;
le Syndicat des dessinateurs profesionnels de Barcelone (SDP UGT) ;
1937-1939, l'accueil des réfugiés espagnols en Bretagne (Interview de Pierre Petit, militant de la CGT) ;
Guerre ou Révolution en Espagne 1936 - 1939 ?
18 et 19 juillet 1936, riposte ouvrière face au coup d'Etat fasciste à Barcelone (racontée par Abel Paz) ;
Le 19 juillet 1936 dans les Asturies ; La défense de Madrid (vue par Cipriano Méra) ;
Mai 37 : la contre révolution stalinienne ; la Tchéka en Espagne ; les fossoyeurs de la révolution ? ;
les milices anarcho-syndicalistes, la militarisation et la discipline ;
la Colonne Durruti ; Ortiz un général sans Dieu, sans Maître ;
Structure et organisation de la Colonne de Fer (Columna de hierro) ;
Le Plénum des colonnes confédérales et anarchistes Février 1937 ;
A propos du film de Ken Loach "Land et Freedom" ; 1937, les crimes staliniens en Aragon (Gaston Leval) ;
Lettre ouverte à la Camarade Frederica Montseny (C. Berneri) ; Miliciens OUI ! Soldats jamais !
Ramon Acin, artiste anarchiste espagnol fusillé par les franquiste en juillet 1936 ;
A lire :
l'Espagne Libertaire de Gaston Leval (Editions du Monde Libertaire) ; L'espagne libertaire (Revue La Rue N° 37) ;
le Front Populaire à travers le libertaire (Editions du Vent du ch'min) ; ; Hommage à la Catalogne (G. Orwell) ;
Collectivité à Calenda (Editions de la CNT) ; Autogestion et Anarchosyndicalisme (F. Mintz) ;
Bonaventura Durruti (Abel Paz) ; Enseignements de la révolution espagnole (Vernon Richard) ;
Mujeres Libres (Edition du Monde libertaire) ; Ils ont osés ! (Editions du Monde libertaire)
Le communisme libertaire (Isaac Puente) ; ;
Espagne 36. Les affiches des combattant-e-s de la Liberté ! (co-édition Libertaires et Monde Libertaire)
A Voir :
Ortiz un général sans dieu ni maître (Vidéo) ; Un autre futur de Richard Prost (en quatre parties) ;
De toda la vida ;
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