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Le mouvement anarchiste français
avant la Seconde Guerre mondiale s'est trouvé confronté à deux problèmes
qui se mêlèrent : la Russie et la division syndicale.
La victorieuse révolution d'Octobre aveugla beaucoup de militants et permit,
au sein de la Confédération générale du travail, la montée, du parti communiste.
La formule lapidaire d'un militant communiste : " Nous sommes rentrés
dans la C.G.T. comme un couteau dans une motte de beurre !", montre comment
, ce qui se passait à l'Est, annihilait bien des jugements.
Le mouvement anarchiste et sa principale composante l'Union anarchiste
(U.A.) voyait ses militants devant le choix suivant : rester à la C.G.T.
avec Jouhaux, aller à la C.G.T.U. (1921) où le P.C. devenait maître ou
rallier la C.G.T.-S.R. (1926) qui, avec Pierre Besnard, tentait de maintenir
dans le mouvement ouvrier français un syndicalisme d'action directe, indépendant
de l'Etat et des partis politiques.
En lisant les journaux de l'époque et particulièrement le Libertaire,
on s'aperçoit que la polémique était vive entre les tenants de l'une ou
de l'autre solution.
La réunification de la C.G.T. et de la C.G.T.U. (1936) amènera la création,
au début 37, des Cercles syndicalistes lutte de classes (avec pour organe
le Réveil syndicaliste) où les anarcho-syndicalistes sont plus qu'influents.
Les grèves qui, de juillet 36 à décembre 38, arrachèrent entre autres
au patronat français l'obtention des congés payés ont .montré l'influence
concrète sur les travailleurs d'idées forces de l'anarchisme, même si
"l'Histoire" gomme ce qui la gène !
Sur le plan plus spécifique, la Russie a apporté au mouvement anarchiste
une polémique autour de la "plateforme" organisationnelle, proposée par
les anarchistes russes Makhno et Archinov plus particulièrement.
Disons dans ce bref rappel des années 30 et sans conclure le débat, que
tout mode d'organisation, anarchiste ou pas, doit tenir compte des traditions
et du contexte propre à chaque pays...
L'Espagne et le soutien à
la révolution sociale de 36 mobilisera le mouvement anarchiste français,
principalement autour d'un comité animé par Louis Lecoin et Nicolas Faucier.
L'aide matérielle aux révolutionnaires espagnols de la C.N.T. et de la
F.A.I., la présence de militants français dans la colonne Durruti (centurie
S. Faure), l'appui logistique de Solidarité internationale antifasciste
( S. I. A. ) montrèrent face aux hésitations du Front populaire, que le
mouvement anarchiste français savait pratiquer la solidarité ouvrière.
Mais l'Espagne n'était qu'une répétition pour Hitler et d'autres guerre
arriva, balayant un temps tous les espoirs.
le Monde libertaire -
septembre 1984
Sébastien
Faure lors d'une de ses causeries.
Autres
articles :
l1924
: l'année syndicale ; la
Charte de Lyon (1926) CGT/SR ; Louis
Lecoin
,
Le
libertaire (journal
des anarchistes entre les deux guerres)
;
Le Meeting de
la Grange aux belles : les bochevics tient sur les anarchistes (1924)
Pierre Besnard
et le syndicalisme révolutionnaire ;
Le
Front Populaire à travers le Libertaire
;
L'échec
de la troisième CGT à Limoges (CGT-SR) 1924 1939 ;
Les anarchistes
français et l'Espagne libertaire : interview de Nicolas Faucier
et Paul Lapeyre ;
A
lire :
Histoire
du journal des anarchistes
(Volonté
Anarchiste) ;
1936 Le front populaire à travers le Libertaire (Le Vent
du ch'min) ;
Dans la mêlée sociale (Nicolas Faucier) ;
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