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Le 8 Janvier, les cosaques
du Don et du Kouban abandonnent le front extérieur, ils se dirigent
vers le don par toutes les voix de chemin de fer, voulant rejoindre les
armées anti-révolutionaires du Général Kalédine.
Certains (18 "échelons" de cosaques du don et du kouban,
et 6 ou 7 "échelons" de haïdamaki de la Rada Centrale*)
veulent passer par la ville d'Alexandrovsk , mais le comité révolutionnaire
de cette ville ne veut pas qu'ils passent par là (ce qui aurait
signifié abandonné la ville au pillage).
Une délégation
a été envoyée au cosaques pour les dissuader de passer
par Alexandrovsk, ou tout du moins pas armés. La délégation
cosaque, composée en la plus grande partie d'officiers arrogants
et de sans grades qui la fermait, les insulte, leur dise qu'ils sont plus
fort, qu'ils n'ont pas à demander la permission pour passer.
La délégation d'Alexandrovsk, dont les anarchistes d'Alexandrovsk,
Marie Nikiphorova, et Nestor Makhno qui représente "les paysans
révolutionnaires de la région de Goulaï Polé"
et le "groupe anarchiste communiste" leur répond
:
S'il en est ainsi, nous vous quittons. Nos pourparlers sont rompus.
Nous, représentant des paysans, des ouvriers et des matelots, voyons
dans votre attitude, le désir de provoquer une lutte fratricide
sanglante.
Venez donc ! Nous vous attendons.
Revenus dans leurs
lignes, il font savoir aux combattants que les pourparlers ont échoués
et que l'ennemi va arrivé d'un instant à l'autre. Le climat
se tends, on les entends arriver. Makhno s'accroupit près de deux
combattant se disant mutuellement : "Quelle mauvaise chose que la
guerre"
Je cite :
"Oui mes amis, la guerre est une bien mauvaise chose. Nous le sentons
tous, mais ne pouvons pas ne pas y prendre part...
- Et pourquoi donc ? ... ...
- Tant que les ennemis de notre liberté -continuai-je- recourront
aux armes pour nous combattre, nous serons obligés, nous aussi,
de leur répondre les armes à la main. Nous voyons en ce
montent que nos ennemis ne renoncent pas à nous combattre, et cependant
ils savent très bien que les travailleurs ne veulent plus être
des esclaves à solde, mais qu'au contraire ils veulent être
libres, à l'abri de tout esclavage. Il semble que cela aurait dû
suffire.
Nos ennemis les "Pomechtchiki", les patrons d'usines et de fabriques,
les généraux, les fonctionnaires, les marchands, les popes,
les geôliers, et aussi toute la meute des policiers payés
pour protéger tous ces soutiens du régime tsariste, auraient
dû comprendre et ne pas se mettre en travers du chemin des travailleurs
qui tentent de parachever leur oeuvre de libération révolutionnaire
Non seulement ils ne veulent pas les comprendre, mais encore ils essaient
d'attirer à eux un certains nombre de socialistes-étatiste
et, de concert avec ces traîtres, ils inventent des formes nouvelles
de l'autorité pour empêcher les travailleurs de conquérir
les droits à une vie libre et indépendante.
Tous ces fainéant ne font rien, ne produisent pas ce dont ils ont
besoin, mais s'efforce d'avoir tout sans travailler, de tout diriger,
y compris la vie des travailleurs, et toujours, -cela est caractéristique-
au dépend des travailleurs. Et, par conséquent, c'est eux
qui sont responsable de cette guerre et non pas nous. Nous ne faisons
actuellement que nous défendre, mais cela amis, n'est pas suffisant.
Nous devons non seulement nous défendre, mais passer à l'offensive,
à notre tour, car se défendre aurait été suffisant,
si, ayant renversé le pouvoir du Capital et de l'Etat, nous vivions
dans l'abondance et dans la liberté, si l'esclavage aboli avait
été remplacé par l'égalité et que,
alors, nos ennemis se fussent dresser contre nous dans le but de nous
écraser et de nous asservir. Mais lorsque nous ne faisons encore
que tendre vers ce but, nous devons penser à attaquer nous mêmes
nos ennemis.
La défense est étroitement liée à l'attaque,
mais elle appartient à ceux de nos frères et surs
qui, sans faire partie des premières lignes révolutionnaires,
ne font que suivre les combattants et, reprenant leurs idées, élargissent
et intensifient la Révolution que, à tort, vous appelez
la guerre amis.
Dans ce cas l'uvre de défense acquiert son vrai caractère
et justifie tout le sang versé par les combattants dans la phase
destructive de la Révolution, en consolidant leurs conquêtes
sans en déformer le caractère et la "portée".
A ce moment un commandement
retentit : Section de
mitrailleuses-feu !
Groupe de Makhnovistes
1919
Fin de citation.
Ensuite la bataille s'engage...
Les cosaques finissent par reculer, leur train en reculant percute le
train de renfort qui arrivait, les deux déraillent. A trois heure
de l'après midi les cosaques renvoient une délégation
de 40 membres avec un drapeau blanc, formée en majorité
de cosaques de base. Celle-ci leur apprends que les cosaques sont suivis
de haïdamakis qui rêvaient d'occuper Alexandrovsk pour s'en
servir de base pour des opérations de pillages et de pogroms.
Mais après l'amère défaite et les déraillement,
ils sont repartis vers Nicopol-Apostolovo... Les cosaques eux sont près
à déposé les armes mais veulent garder leurs chevaux,
leurs selles et leurs sabres.
Les révolutionnaires refusent d'abord et finissent par leur laisser
leurs chevaux et leurs selles.
Le désarmement
des cosaques dura deux jours durant lesquels on les ravitailla et on organisa
des meetings à leur intention. Le bloc bolchevik-S-R. voulurent
gagner les cosaques à leur cause, en leurs exposant les bienfait
qu'apportera la révolution, mais ceux-ci restèrent plutôt
froid, voir narquois.
Puis Marie Nikiphorova
leur déclara que les anarchistes ne promettent rien à personne,
qu'ils désirent que les hommes apprennent à se connaître
eux mêmes, à comprendre leur situation sous le régime
actuel d'esclavage, qu'ils désirent enfin que ces hommes conquièrent
eux-mêmes leur liberté.
- Mais avant de vous parler de tout cela plus en détail, je suis
obliger de vous dire, cosaques, que vous avez été jusqu'ici
les bourreaux des travailleurs de la Russie, le resterez vous à
l'avenir, ou bien prendrez vous enfin conscience de votre rôle odieux
et rentrerez vous dans la famille des travailleurs. Cette famille que
jusqu'à présent vous n'avez pas voulu reconnaître
et que, pour un rouble du tzar ou pour un verre de vin vous étiez
toujours prêt à crucifier vivante ?
A ce moment là
les cosaques qui étaient là au nombre de plusieurs milliers
ôtèrent leurs hauts bonnets d'astrakan et baissèrent
la tête. Marie Nikiphorova continuant son discours, beaucoup sanglotaient
comme des enfants. Ce discours les impressionna, cela tissa des liens
durables avec les anarchistes.
Après cinq jours passé à Alexandrovsk, certains exprimèrent
leur envie d'aller combattre Kalédine et on les y envoya, d'autre
préférèrent rentrer chez eux (Les bolcheviks leur
piquèrent leurs chevaux au passage...).
La suite, c'est, plus
tard, la Makhnovstchina, la prise de pouvoir des bolcheviks qui éteignirent
la révolution pour imposer leur dictature, soixante dix ans d'obscurantisme
sur ce qu'à été réellement cette révolution.
Nestor
Makhno
La révolution Russe en Ukraine (mars 1917 - Avril 1918)
éditer par "La Brochure mensuelle" en 1927.
* Rada Centrale: sorte de
gouvernement nationaliste ukrainien autoproclamé , xénophobes....
Autres
articles
:
L'Ukraine
& Nestor Makhno ; Déclarations
et Textes de l'Armée Insurrectionnelle d'Ukraine 1919 1920
;
2è
Congrès régional des soviets d'Ukraine (Gouliaï Poliè)
février 1919 ;
Souvenirs
d'un partisan Makhnoviste (1917 1921) ;
1ère
conférence des anarcho-syndicalistes russes (1918) ; Octobre
1917 vu Piotr Archinov ;
1918, l'affrontement
anarchiste - bolchevics ;
Ce
que nous voulons (Izvestia de Kronstadt) ;
Les prémices
de l'insurrection à Kronstadt (Ida Mett) ;
1921, l'orage éclate à Pétrograd (Emma Goldman,
Alexandre Berkman) ;
1917,
l'autogestion à Kronstadt ;
A
lire :
La révolution Inconnue (Voline) ; La Commune de Kronstadt
(Editions Spartacus) ; Les Anarchistes dans la révolution Russe
(éditions La Tête de Feuilles) ; Histoire du mouvement makhnoviste
(Pierre Archinov) ;
le mythe Bolchévic (Alexandre Berkman) ; Nestor Makhno (Alexandre
Skirda) ;
les soviets trahis par les bolchévics (Rudolph Rocker) ;
Voline (revue Itinéraire) ; Nestor Makhno : écrits
contre l'Etat ; Nestor Makhno (Bande dessinée par F.
Hombourger)
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