Qu’il aille au diable !
Et qu’avec lui disparaisse pour toujours son abominable régime, chancre de l’Europe.
Trente années de crimes accompagnant les pas de Franco, plus de trois cents mois de forfaits perpétrés dans son sillage, c’est assez, c’est trop, cela ne peut durer. Il faut accourir au secours d’une population écrasée de malheurs par un potentat papelard et hitlérien de surcroît.
Que Franco Subisse le sort de Mussolini ou celui des condamnés à mort de Nuremberg, qu’il se retire dans une lointaine et obscure retraite, peu nous chaut, pourvu que les Espagnols débarrassés du poids de son odieuse présence retrouvent au plus tôt le goût et les possibilités de vivre.
Franco le protégé et le complice d’Hitler aurait d’ailleurs intérêt à se faire oublier. Voyez-le fringant, paradant devant les soldats allemands, en compagnie de l’autre monstre en gare d’Hendaye à la fin de l’année 1940. Honteuse collusion, héritage sanglant qui ne lui donnent pas le droit de martyriser les antifascistes supportant mal son joug accablant.
Une entente entre nations a toujours été souhaitable, mais pas entre deux misérables gredins et scellée dans le sang des hommes. Celle qui s’amorce présentement entre la France et l’Allemagne remporte, au contraire, notre adhésion et nous en saluons l’aurore, tout en regrettant qu’elle ne se fit pas au début du siècle alors qu’elle nous eût valu une ère de paix éminemment profitable aux individus comme aux peuples.
Franco ayant bouclé ses malles et quitté le pays à jamais, la Liberté ayant reconquis ses droits dans la péninsule ibérique enfin purifiée ; la presse, les syndicats, les diverses organisations, la pensée ayant retrouvé leur expression première ; les prisons ayant largement ouvert leurs portes et les exilés étant de retour dans leur partie d’origine, un très long cauchemar aura cessé et la paix mondiale en sortira consolidée.
Nous n’aurons de cesse que ce soit vrai !
Que la dictature soit répudiée en Espagne !
Comité pour l’Espagne libre : Collette Audry, Vincent Auriol, Claude Autant-Lara, Robert Barrat,
Charles-Auguste Bontemps, Claude Bourdet, André Breton, Jean Cassou, Jean Cotereau, Denis Forestier, Jean Galtier Boissière, Maurice Joyeux, Alfred Kastler, Henri Laugier, Morvan Lebesque,
Louis Martin Chauffier, Georges Montaron, Jean Paulhan, André Philip, Emmanuel Robles, Laurent Schwartz, Manès Sperber, le bâtonnier Thorp, Henry Torres, Robert Treno.
Texte rédigé par Louis Lecoin en 1964